Un parent dysfonctionnel

Mémoire filante

Un parent dysfonctionnel

13 May 2019 Adulte 4

J’ai une mère dysfonctionnelle. Dysfonctionnelle en tant que mère. En tant que grand-mère. En tant qu’adulte.

Pour me protéger, j’ai coupé les ponts avec elle. Elle m’a fait trop de mal. Je ne veux pas lui laisser l’opportunité de faire du mal à mes enfants.

Depuis que je suis devenue mère, son absence me marque plus encore. Tout ce que j’avais imaginé vivre avec elle (avec la mère que je m’étais construite dans ma tête, en fait) ne sera jamais une réalité. Même de loin.

Jamais, je n’ai pu l’appeler pour lui parler de mes difficultés de mère ou pour lui demander un conseil. Jamais, je n’ai pu lui partager l’un ou l’autre exploit de mes enfants.

Jamais.

Je n’ai jamais fêté l’anniversaire d’une de mes enfants avec elle. Ni aucune fête d’aucune sorte.

Non, ce n’est pas vrai. Elle a assisté au baptême laïc de ma fille aînée.

Elle a pris ma fille une seule fois dans ses bras. Une seule fois. La fois de trop.

J’ai vu ma fille pleurer, hurler. Et j’ai vu cette « femme » empêcher mon mari de reprendre notre fille pour la rassurer. Je l’ai fusillée du regard et lui ai dit, fermement : « Tu rends la petite à son père ! Maintenant ! »

Elle a obtempéré. Comme la petite fille qu’elle est restée, sans doute.

Je pourrais avoir de la compassion pour elle. Je devrais, même, sans doute.

Mais, je ne peux pas. Je n’y arrive pas.

Elle sait ce qui est bien ou mal. Elle fait la différence entre les deux. Mais, son confort et son bien-être passent avant tout le reste. Je ne pourrai jamais le lui pardonner. Ou peut-être que si, lorsque je serai devenue sage. Pour l’instant, je la hais.

Il y a quelques jours, j’ai pris conscience d’une difficulté d’apprentissage de ma fille aînée. Et je me suis souvenue que j’avais la même difficulté au même âge. J’ignore comment j’ai surmonté ça.

J’aurais aimé appeler ma maman et lui demander. Mais, je n’ai pas de maman. Je n’ai qu’une génitrice, incapable de répondre à une telle question. Sans doute que cela a été réglé par une enseignante merveilleuse dans mon école primaire. Je devrai trouver des ressources par moi-même ou avec la tout aussi merveilleuse enseignante de ma fille.

Même les adultes ont besoin d’une mère parfois. Je ne pourrai jamais bénéficier de ce confort et de cette présence rassurante…

4 Responses

  1. flore says:

    j’ai eu de la colère longtemps envers ma mère … vraiment ça a été dur …. pourtant je sais que mon vécu est très loin du tiens. j’ai fait le deuil de la mère fantasmée et accepte la personne qui est ma mère pour ce qu’elle est. Mais je le peux car c’est gérable et que mes enfants ne vont pas en pâtir. que je peux palier à ses faiblesses et éviter les situations problématiques. je suppose que ce n’est pas faisable pour toi, pas parce que tu ne serais pas sage ( ca je n’y crois pas ) mais parce que certaines personnes ne sont pas gérables, et qu’on ne peut pas (se ) protéger (nos enfants ) de leurs faiblesses.

  2. C APC says:

    Moi non plus pas le même vécue que le tien mais hier en voiture j etais seule et je me disais ” c est drôle ( si on peut dire …) mais j ai toujours eu la sensation de devoir proteger ma mére quand j étais petite, dans le sens ou c était ( c est) elle qui manquait(e) d immaturité et qu il fallait et qu il fallait en tenir compte et maintenant que je suis adulte je protege ma fille ( ce qui dans ce sens est normal!) Et au final qui m a protégé ? Qui me protége … ben moi , car jamais je ne ferais porter ce fardeau à ma fille pour combler mon manque et répeter ce shéma. Donc au final … jamais pzrsonne ne m aura protégé ma petite fille interieur mis a part moi. C triste je trouve

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